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О книге

Дата написания1970-01-01
Язык книгиfr
Возрастное ограничение12+

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Страница 72 из 73

Mlle Stangerson n’hésita pas à se confier à M. Robert Darzac; elle lui montra cette lettre où Jean Roussel-Frédéric Larsan-Ballmeyer lui rappelait les premières heures de leur union dans ce petit et charmant presbytère qu’ils avaient loué à Louisville: «… Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat.» Le misérable se disait riche et émettait la prétention «de la ramener là-bas»! Mlle Stangerson avait déclaré à M. Darzac que, si son père arrivait à soupçonner un pareil déshonneur, «elle se tuerait»! M. Darzac s’était juré qu’il ferait taire cet Américain, soit par la terreur, soit par la force, dût-il commettre un crime! Mais M. Darzac n’était pas de force, et il aurait succombé sans ce brave petit bonhomme de Rouletabille.

Quant à Mlle Stangerson, que vouliez-vous qu’elle fît, en face du monstre? Une première fois, quand, après des menaces préalables qui l’avaient mise sur ses gardes, il se dressa devant elle, dans la «Chambre Jaune», elle essaya de le tuer. Pour son malheur, elle n’y réussit pas. Dès lors, elle était la victime assurée de cet être invisible «qui pouvait la faire chanter jusqu’à la mort», qui habitait chez elle, à ses côtés, sans qu’elle le sût, qui exigeait des rendez-vous «au nom de leur amour». La première fois, elle lui avait «refusé» ce rendez-vous, «réclamé dans la lettre du bureau 40»; il en était résulté le drame de la «Chambre Jaune». La seconde fois, avertie par une nouvelle lettre de lui, lettre arrivée par la poste, et qui était venue la trouver normalement dans sa chambre de convalescente, «elle avait fui le rendez-vous», en s’enfermant dans son boudoir avec ses femmes. Dans cette lettre, le misérable l’avait prévenue, que, puisqu’elle ne pouvait se déranger, «vu son état», il irait chez elle, et serait dans sa chambre telle nuit, à telle heure… qu’elle eût à prendre toute disposition pour éviter le scandale… Mathilde Stangerson, sachant qu’elle avait tout à redouter de l’audace de Ballmeyer, «lui avait abandonné sa chambre»… Ce fut l’épisode de la «galerie inexplicable». La troisième fois, elle avait «préparé le rendez-vous». C’est qu’avant de quitter la chambre vide de Mlle Stangerson, la nuit de la «galerie inexplicable», Larsan lui avait écrit, comme nous devons nous le rappeler, une dernière lettre, dans sa chambre même, et l’avait laissée sur le bureau de sa victime; cette lettre exigeait un rendez-vous «effectif» dont il fixa ensuite la date et l’heure, «lui promettant de lui rapporter les papiers de son père, et la menaçant de les brûler si elle se dérobait encore». Elle ne doutait point que le misérable n’eût en sa possession ces papiers précieux; il ne faisait là sans doute que renouveler un célèbre larcin, car elle le soupçonnait depuis longtemps d’avoir, «avec sa complicité inconsciente», volé lui-même, autrefois, les fameux papiers de Philadelphie, dans les tiroirs de son père! … Et elle le connaissait assez pour imaginer que si elle ne se pliait point à sa volonté, tant de travaux, tant d’efforts, et tant de scientifiques espoirs ne seraient bientôt plus que de la cendre! … Elle résolut de le revoir une fois encore, face à face, cet homme qui avait été son époux… et de tenter de le fléchir… puisqu’elle ne pouvait l’éviter! … On devine ce qui s’y passa… Les supplications de Mathilde, la brutalité de Larsan… Il exige qu’elle renonce à Darzac… Elle proclame son amour… Et il la frappe… «avec la pensée arrêtée de faire monter l’autre sur l’échafaud!» car il est habile, lui, et le masque Larsan qu’il va se reposer sur la figure, le sauvera… pense-t-il… tandis que l’autre… l’autre ne pourra pas, cette fois encore, donner l’emploi de son temps… De ce côté, les précautions de Ballmeyer sont bien prises… et l’inspiration en a été des plus simples, ainsi que l’avait deviné le jeune Rouletabille…

Larsan fait chanter Darzac comme il fait chanter Mathilde… avec les mêmes armes, avec le même mystère… Dans des lettres, pressantes comme des ordres, il se déclare prêt à traiter, à livrer toute la correspondance amoureuse d’autrefois et surtout «à disparaître…» si on veut y mettre le prix… Darzac doit aller aux rendez-vous qu’il lui fixe, sous menace de divulgation dès le lendemain, comme Mathilde doit subir les rendez-vous qu’il lui donne… Et, dans l’heure même que Ballmeyer agit en assassin auprès de Mathilde, Robert débarque à Épinay, où un complice de Larsan, un être bizarre, «une créature d’un autre monde», que nous retrouverons un jour, le retient de force, et «lui fait perdre son temps, en attendant que cette coïncidence, dont l’accusé de demain ne pourra se résoudre à donner la raison, lui fasse perdre la tête…»

Seulement, Ballmeyer avait compté sans notre Joseph Rouletabille!

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