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О книге

Дата написания1970-01-01
Язык книгиfr
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Страница 30 из 34

"De cet exemple, voici les conséquences: qu'un homme sain se joigne à plusieurs femmes, il ne peut en résulter aucun mal; c'est la même liqueur versée dans plusieurs vases. Mais qu'une femme, fût-elle même très saine, s'unisse à plusieurs hommes coup sur coup qui ne seraient pas infectés, cette diversité de semence produira, par la fermentation aidée et accélérée par la chaleur du lieu, les effets les plus dangereux.

"Qu'une fille, une femme jeune, jolie, libre et indépendante, mais de la lie du peuple et, par conséquent, sans éducation, sans soin, sans propreté, sans précaution, se trouve abandonnée à là publicité, soit par son propre besoin, soit par celui de vieilles coquines qui, fondant sur ses appas leurs avantages, la dirigent et l'entraînent dans cette affreuse conduite, soit par les suites d'un engagement où la séduction des hommes l'aura jetée, soit enfin par tempérament ou libertinage de caractère, reçoive plusieurs hommes en un jour et presque à la suite l'un de l'autre, il est constant qu'elle ne tardera pas à être infectée: ce sont différentes liqueurs versées dans un même vase; elle peut même être sujette à des fleurs blanches très âcres, à des reliquats de règles de mauvaise qualité, à des ulcères de matrice. Les semences de ces différents hommes, qui sont hétérogènes, soit par la diversité du tempérament des individus, soit par la prodigieuse différence qui se trouve dans l'état de leur santé, – tels que ceux qui ont des maladies cutanées qui les rendent encore plus âpres auprès des femmes, tels encore que ceux qui ont des maladies habituelles qui n'ôtent point la puissance génératrice, et autres de cette espèce -, mêlées les unes avec les autres dans le même lieu, où déjà se trouve quelquefois en lui-même une liqueur viciée ou tout au moins en disposition de l'être, ces semences fermentent avec plus d'aisance et de promptitude par la chaleur, s'aigrissent, se tournent en acide et deviennent un poison d'autant plus subtil que la matière qui l'a produit l'est elle-même; ce qui prouve que les femmes ne sont point faites pour être infidèles, et encore moins pour la prostitution.

"D'après ce résumé, qui tient à la saine physique, à la raison et à l'expérience, il est certain que, du moment où il s'est trouvé des femmes livrées à cet abandon général, la contagion a dû se développer dans les sources de la vie.

Ce qui n'est malheureusement que trop général, et, de la plus vile populace où elle a probablement commencé, elle est montée jusques aux grands.

"Mais puisqu'elle existe en action ou en puissance, il est sans doute nécessaire que des hommes éclairés, remplis de connaissances appuyées d'une longue expérience, cherchent tous les moyens de l'arrêter dans son principe, et les communiquent lorsqu'ils les ont trouvés. Il y en a, ma chère Laure, de ces hommes bienfaisants qui, sans redouter le blâme et les cris des sots, sont utiles, non seulement à leurs contemporains mais encore à la postérité, en découvrant sans fard et sans déguisement tout ce qu'ils ont acquis pour prévenir et parer aux accidents qui résultent de la prostitution des femmes.

"C'est encore ici, ma Laurette, un des avantages de l'éponge. Mais elle ne suffit pas seule; il s'agit de l'imbiber avant d'une liqueur où se trouve répandu un sel dont la ténuité est infinie, qui, par ses préparations étant un alcali puissant, s'unit avec précipitation aux sels acides de la liqueur viciée, absorbe dans l'instant leur action, en détruit la nature, les réduit au moment même en sels neutres et préserve par conséquent de contagion dans l'union des sexes dont l'un ou l'autre serait infecté.

"Qu'une femme trempe l'éponge dans cette eau composée, qu'elle se l'introduise, elle peut sans risque s'unir de suite à plusieurs hommes; elle peut même recevoir un homme malsain; ou, dans le cas de la contagion, ayant soin, pour plus de sûreté, de la retirer avec son petit cordon aussitôt qu'il est dehors, de se laver et de s'injecter de la même eau, ou bien de remettre à chaque fois une éponge imbibée de la même composition; on peut ensuite laver ces éponges dans une quantité assez étendue d'eau simple, et s'en servir de nouveau en les retrempant dans l'eau composée.

"Si c'est un homme sain qui se joint à une femme qui ne l'est pas, il peut de même lui introduire cette éponge trempée de cette composition, ayant attention, quand il sera dehors, de tremper le membre décalotté dans cette eau qu'on aura soin de mettre dans un vase de verre, de faïence ou de porcelaine. Et, pour plus de sûreté, il en fera couler par injection dans le canal, avec une petite seringue d'ivoire, et non de métal. S'il était d'une sensation très délicate dans cette partie, cette eau composée serait coupée par moitié avec de l'eau de rose ou de plantain. Je ne te dis rien, ma chère Laure, dont je ne sois très assuré par nombre d'expériences.

"Je pourrais, ma chère Laure, t'apporter encore nombre d'autres raisons pour te prouver que la nature n'a pas donné le même droit aux femmes pour être infidèles; mais il est constant qu'elle a mis dans leur coeur et dans leur manière d'être plus d'inconstance que dans notre sexe. On est fort heureux, quand un objet nous touche sensiblement, de ne pas essuyer cet événement, et, dût-il nous en coûter quelque chose, il faut savoir faire un petit sacrifice pour éviter une perte totale."

(Fin du discours du père)

Dieux! chère Eugénie, qu'il lisait bien dans notre coeur! tu l'avoueras sans doute avec moi. Il dégagea mon âme, par cet exposé de ses sentiments, d'un poids qui la surchargeait; il lui rendit sa tranquillité et la remplit d'une joie parfaite. Je voulais cependant encore éclaircir un soupçon que nos scènes de la campagne m'avaient donné, et je souhaitais qu'il se vérifiât pour ôter tout retour aux regrets que j'avais éprouvés; mais je n'eus pas lieu de tirer cet avantage de la demande que je lui fis:

– Je désire, cher papa, te faire une question sur laquelle je te prie de me satisfaire sans déguisement.

– Quoi donc? ma Laurette, pourrais-je en avoir pour toi, et te donner cet indigne exemple après avoir cherché moi-même à te rendre toujours sincère? Parle, la vérité dans ma bouche ne sera pas même fardée.

– Quand nous avons été la première fois à la campagne avec Rose et Vernol, après t'avoir entendu dire à quelle condition tu te prêtais à ma folie, je me suis persuadée que la vue des grâces de ce beau garçon avait fait naître tes désirs comme il avait excité les miens, et que, pour en jouir, tu avais consenti de céder aux siens en exigeant cette obligation de lui. Ma persuasion était-elle fondée?

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