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Дата написания1970-01-01
Язык книгиfr
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Страница 19 из 20Ce propos valait bien un remerciement, j'embrassai la belle Valbouillant, sa main chercha si j'étais digne de l'éloge qu'elle venait de me prodiguer; l'état où elle me trouva la fit soupirer; les réflexions sur l'aventure de Sara terminées, on avisa aux amusements qu'on pourrait se procurer jusqu'à l'heure du dîner. – L'abbé, dit Mme Valbouillant, devrait nous indiquer quelques-uns des jeux qui l'occupaient au collège. Je lui dis que les plus usités étaient le cheval fondu, la main chaude et le pet-en-gueule. – J'ai, dit Laure, joué quelquefois à la main chaude au couvent, j'étais quelquefois un demi-quart d'heure sans désemparer, cela m'ennuyait fort, et j'en avais la main toute engourdie. – N'y aurait-il pas, dit l'évêque, un moyen de rendre ce jeu plus piquant? – En décidant que celle qui devinerait disposerait à son gré pour ses plaisirs de la personne devinée. Sans doute, dit la signora Magdalani, mais cependant nous y gagnerons peu de chose, nos volontés ne sont-elles pas la règle des désirs des hommes de la société? On disserta ensuite sur le cheval fondu, et l'on trouva du danger pour les reins de celui qui portait le principal fardeau, et on le rejeta; quand on détailla le pet-en-gueule, il trouva plus de partisans; mais il n'y avait que trois hommes pour quatre femmes; c'était un inconvénient, mais la signora Magdalani, s'excusant avec grandeur d'âme, s'offrit à juger des coups. – Soit, dit l'évêque; vous recevrez pour épices les caresses du couple qui aura le mieux réussi.
Les choses ainsi convenues, tous les peignoirs et lévites furent quittés; le prélat prit la fraîche Valbouillant, dont le mari choisit la jeune Laure, et j'eus en partage ma gentille Babet, tantôt sur mes mains, tantôt sur mes pieds; j'avais toujours les yeux fixés sur les contours arrondis de ses jumelles appétissantes, et sur le joli bosquet qui couvrait les bords de la fontaine de Jouvence; quelquefois, en faisant la roue, j'y collais des baisers brûlants; le prélat était aussi enchanté des charmes antérieurs et postérieurs de la fraîche Valbouillant, qui tour à tour sur les mains, sur les pieds, à chaque repos, appuyait ses lèvres caressantes sur le lubinis angularis du saint pasteur. Valbouillant et la chanoinesse faisaient la double roue avec la même ardeur; nous fîmes trois fois le tour de la grotte en dedans, et nous nous arrêtâmes en trois couples aux pieds de la signora Magdalani, soit dessus, soit dessous nos belles, et profitant de l'attitude, nous répétions la scène voluptueuse du jeune Saturnin avec madame d'Inville.
Ce fut Babet et moi que la belle Magdalani reçut dans ses bras, couchée sur le côté, et Babet ceignant un supplément le glissa à l'endroit que fait admirer Vénus Callipyga. Les autres, se groupant autour de nous, cherchèrent le plaisir dans des attitudes variées au gré de leurs caprices; pour moi, cueillant avec ma langue amoureuse le miel de la volupté entre les dents entrouvertes de la belle Magdalani, de ma main passée sur sa cuisse, j'atteignis le sommet du joli buisson de l'espiègle Babet au-dessous du simulacre qu'elle avait introduit dans le sentier étroit et détourné de la déesse que nous servions, les caresses de mon doigt ranimèrent son zèle, elle mit plus d'activité dans ses mouvements. – Ah! Dieu, s'écria la signora, quelle volupté, quelle ivresse… je fonds! Et elle m'inonda; je ne ralentis pas mes efforts. – Ciel! s'écria-t-elle, je brûle, mon ardeur ne fait que s'accroître par la jouissance, ah! que ne puis-je aussi baiser cette adorable Babet qui me donne tant de plaisirs. – Si vous voulez, nous allons troquer de poste, elle et moi? – Volontiers, mon divin ami.
En un instant l'échange fut fait, ce fut le supplément qui remplit l'échange frayé, et je me plongeai dans le sentier. Que son dos était blanc, uni et potelé, que la chute de ses reins était arrondie, quelle fermeté, quelle fraîcheur, les épaules les plus fines, les bras de la plus belle forme, les mains les mieux effilées; mes lèvres brûlantes parcouraient ces charmants contours, pendant que mes mains pressaient amoureusement son beau sein et se trouvaient pressées par l'ivoire de celui de Babet, qui recevait des attouchements lascifs de la belle Magdalani une ivresse égale à celle qu'elle procurait. Nos transports devinrent trop vifs pour pouvoir les prolonger, notre bonheur fut au comble, nous perdîmes en même temps nos forces et nous restâmes quelques instants sans mouvement à jouir de notre abandon voluptueux. L'évêque et Valbouillant nous versèrent à chacun un verre de vieux vin d'Alicante, qui répara nos forces, et nous étant rhabillés, nous engageâmes Valbouillant à nous raconter quelqu'une de ses aventures, en attendant que l'heure du dîner nous rappelât au château.
"J'avais vingt ans, dit-il; j'étais capitaine de dragons, et mon régiment, cantonné dans la Lorraine, y goûtait toutes les douceurs dont ce charmant pays abonde; dans la petite ville où ma troupe était en quartier habitait la jeune épouse d'un vieil officier général qui était en tournée pour une inspection dont le gouvernement l'avait chargé; elle était musicienne, chantait bien, jouait agréablement la comédie, dansait avec grâce et légèreté; cette conformité de talents la disposait en ma faveur et me faisait désirer de me lier avec elle; je l'accompagnai avec mon violon dans une ariette italienne, et mes applaudissements parurent la flatter; je demandai et j'obtins la permission de lui faire ma cour chez elle, mais la présence d'une vieille belle-soeur, qui restait toujours au salon, me gênait dans l'aveu que je voulais lui faire de ma tendresse; elle s'en aperçut, sourit malicieusement, mais elle n'éloignait pas le témoin importun. Je lui donnai des billets, des vers passionnés, elle les recevait, en paraissant satisfaite, mais elle n'y répondait jamais. Vous savez que je suis ardent, et même impatient, et j'avais peine à supporter cet état; je m'ennuyais de rester toujours au même point. Pour en sortir et pouvoir m'expliquer librement sans la compromettre, je supposai un voyage que je devais faire à Nancy, où elle avait des parents; je m'offris de me charger de ses dépêches et je demandai qu'elle me permît de venir le lendemain les prendre à son lever. – Vous êtes bien obligeant, me dit-elle, mais je ne sais si j'y dois consentir, je suis extrêmement paresseuse et je fais ma toilette tard, et vous me verriez trop à mon désavantage. – Ah! madame, quand on doit tout à la nature, c'est l'art seul qui peut nuire, et je ne vous trouverai que trop charmante dans l'heureux désordre du matin. – Vous croyez? … Moi j'en doute et j'exige pour prix de ma complaisance que vous me disiez, sans déguisement, si je perds beaucoup à me laisser sans parure: venez sur les dix heures, mes lettres seront prêtes. Un coup d'oeil d'intelligence dont elle accompagna ce propos remplit mon coeur de l'espoir le plus doux. Le lendemain, ponctuel au rendez-vous, j'arrive, je m'adresse à Marton, sa suivante, pour être introduit. – Madame, me dit-elle, n'a pas dormi de la nuit, elle a eu une migraine affreuse, elle est encore couchée. – Dieux! m'écriai-je, encore couchée, une migraine, quel contretemps, je m'étais flatté du bonheur de la voir. – Elle s'en flattait aussi. – Et il faut que je me retire… – Je ne dis pas cela; si vous voulez monter, vous êtes le maître, mais ne faites pas de bruit, parlez bas de peur d'ébranler sa tête.
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Je lui dis que les plus usités étaient le cheval fondu, la main chaude et le pet-en-gueule. – J'ai, dit Laure, joué quelquefois à la main chaude au couvent, j'étais quelquefois un demi-quart d'heure sans désemparer, cela m'ennuyait fort, et j'en avais la main toute engourdie. – N'y aurait-il pas, dit l'évêque, un moyen de rendre ce jeu plus piquant? – En décidant que celle qui devinerait disposerait à son gré pour ses plaisirs de la personne devinée. Sans doute, dit la signora Magdalani, mais cependant nous y gagnerons peu de chose, nos volontés ne sont-elles pas la règle des désirs des hommes de la société? On disserta ensuite sur le cheval fondu, et l'on trouva du danger pour les reins de celui qui portait le principal fardeau, et on le rejeta; quand on détailla le pet-en-gueule, il trouva plus de partisans; mais il n'y avait que trois hommes pour quatre femmes; c'était un inconvénient, mais la signora Magdalani, s'excusant avec grandeur d'âme, s'offrit à juger des coups. – Soit, dit l'évêque; vous recevrez pour épices les caresses du couple qui aura le mieux réussi."},{"id":"content0:118","kind":"paragraph","text":"Les choses ainsi convenues, tous les peignoirs et lévites furent quittés; le prélat prit la fraîche Valbouillant, dont le mari choisit la jeune Laure, et j'eus en partage ma gentille Babet, tantôt sur mes mains, tantôt sur mes pieds; j'avais toujours les yeux fixés sur les contours arrondis de ses jumelles appétissantes, et sur le joli bosquet qui couvrait les bords de la fontaine de Jouvence; quelquefois, en faisant la roue, j'y collais des baisers brûlants; le prélat était aussi enchanté des charmes antérieurs et postérieurs de la fraîche Valbouillant, qui tour à tour sur les mains, sur les pieds, à chaque repos, appuyait ses lèvres caressantes sur le lubinis angularis du saint pasteur. 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Je lui donnai des billets, des vers passionnés, elle les recevait, en paraissant satisfaite, mais elle n'y répondait jamais. Vous savez que je suis ardent, et même impatient, et j'avais peine à supporter cet état; je m'ennuyais de rester toujours au même point. Pour en sortir et pouvoir m'expliquer librement sans la compromettre, je supposai un voyage que je devais faire à Nancy, où elle avait des parents; je m'offris de me charger de ses dépêches et je demandai qu'elle me permît de venir le lendemain les prendre à son lever. – Vous êtes bien obligeant, me dit-elle, mais je ne sais si j'y dois consentir, je suis extrêmement paresseuse et je fais ma toilette tard, et vous me verriez trop à mon désavantage. – Ah! madame, quand on doit tout à la nature, c'est l'art seul qui peut nuire, et je ne vous trouverai que trop charmante dans l'heureux désordre du matin. – Vous croyez? … Moi j'en doute et j'exige pour prix de ma complaisance que vous me disiez, sans déguisement, si je perds beaucoup à me laisser sans parure: venez sur les dix heures, mes lettres seront prêtes. Un coup d'oeil d'intelligence dont elle accompagna ce propos remplit mon coeur de l'espoir le plus doux. Le lendemain, ponctuel au rendez-vous, j'arrive, je m'adresse à Marton, sa suivante, pour être introduit. – Madame, me dit-elle, n'a pas dormi de la nuit, elle a eu une migraine affreuse, elle est encore couchée. – Dieux! m'écriai-je, encore couchée, une migraine, quel contretemps, je m'étais flatté du bonheur de la voir. – Elle s'en flattait aussi. – Et il faut que je me retire… – Je ne dis pas cela; si vous voulez monter, vous êtes le maître, mais ne faites pas de bruit, parlez bas de peur d'ébranler sa tête."}],"toc":[{"id":"content0:0:1","label":"comte de Honoré-Gabriel de Riqueti Mirabeau Hic et Hec","page":1,"pageUrl":"/books/22A24NEc#reader-content"}]},"similarBooks":[{"idCatalog":761725,"shortId":"1ZJwnCOt","title":"Le Rideau levé; ou l\u0026apos;Education de Laure","authorLine":"Honoré-Gabriel de Riqueti Mirabeau","primaryAuthorId":"0854bd31-f857-102d-b528-b4a213751508","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/2fde52d4-993d-11e8-a002-0cc47a5f3f85/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/1ZJwnCOt"},{"idCatalog":761729,"shortId":"3kZGlCt5","title":"Ma conversion; ou le libertin de qualité","authorLine":"Honoré-Gabriel de Riqueti Mirabeau","primaryAuthorId":"0854bd31-f857-102d-b528-b4a213751508","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/2fe76b19-993d-11e8-a002-0cc47a5f3f85/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/3kZGlCt5"}],"similarBooksPagination":{"page":1,"pageSize":12,"totalItems":2,"totalPages":1,"hasPrev":false,"hasNext":false}},"notFound":false}