Загрузка...

AI-разбор доступен после входа

Суть книги, пересказ, главный конфликт, ключевые идеи, вывод, кому полезна, главные темы, персонажи и цитаты можно получить после входа в BookRa.

auto_awesomeПолучить AI-разбор

О книге

Дата написания1970-01-01
Язык книгиpl
Возрастное ограничение0+

Читать онлайн

Страница 2 из 22

IV

En avant, en avant, cosaque! le maître a dit: hâte-toi! Dans les hautes tours du vieux château, les choses n'ont pas peu changé. Le seigneur palatin5, depuis longtemps en désaccord avec son fils, vient de s'entretenir longuement avec lui, et s'est montré fort bienveillant. Et pourtant, vive a été l'offense, vive la querelle, la haine empoisonnait les cœurs, les conventions étaient mises à néant, les larmes du profond désespoir, de l'orgueil et de la fureur, coulaient fréquentes et amères, mais non partagées. Il en est autrement au château. Plus d'amertume, plus de tristesse: partout éclatent la splendeur seigneuriale, et la magnificence des aïeux. Au milieu d'une suite nombreuse de courtisans et de serviteurs, parmi les groupes de pages et de guerriers attachés à son étendard, dans les fastueux appartements, le seigneur palatin longtemps invisible, vient de descendre, magnifiquement vêtu, et quand chacun a voulu célébrer cet heureux événement, il a paru plus transporté du retour de son fils que de sa propre gloire. Sur son visage tranquille on reconnaîtrait difficilement l'empreinte des sentiments cachés au fond de son âme. On connaît la vaillance de son bras, l'éclat de sa parole, la noblesse de son nom; mais ce qu'il garde en lui restera il jamais secret pour tous. Maintenant, soit nécessité, soit émotion subite, il cherche dans les caresses un adoucissement à sa longue souffrance. Et tandis qu'à voix basse il parle de je ne sais quelle chose avec son fils, on voit un sourire se jouer sur son visage grave, et dans ses yeux passer l'éclair d'une joie sauvage, de même qu'après avoir satisfait un désir longtemps inassouvi, après une course fatigante, ou quand l'âme est opprimée, on se laisse tomber un instant, serait-ce sur une fourmilière. Repose-t-il, le palatin? Oh! Peut-être a-t-il posé sa tête brûlante là où l'attendent des milliers d'aiguillons!

V

Bien avant dans la nuit on a entendu le tumulte et les pas des chevaux; bien avant dans la nuit ont retenti les trompettes et les vivats. Les coutumes d'autrefois, l'ancienne magnanimité sont revenues; longtemps l'or et l'argent ont étincelé sur les tables, et la cave du seigneur a été ouverte, autant que son cœur semblait l'être, et le vieux vin de Hongrie a inspiré les facéties spirituelles, et mariant ses bruyants accords aux clameurs joyeuses, une musique mélodieuse se mêlait parfois au tumulte. Bien avant dans la nuit, les rudes figures des ancêtres, dont les portraits sont rangés en longue file sur le mur, ont semblé lancer des éclairs de leurs yeux sans vie, et sourire aux buveurs, et remuer leurs moustaches.

VI

Sur les lèvres habite la gaieté; dans les yeux, la pensée qui prévient les désirs; mais au fond, au fond du cœur, le ver rongeur de la conscience. Lorsqu'une réjouissance rassemble les hommes, et que l'on voit rire l'orgueil et la flatterie: ce rire est faux. Peut-être en est-il ainsi dans l'antique château: derrière les portes sculptées, la nuit a déjà commencé son règne sombre, ces clairons se taisent, le sommeil jette son voile sur le bonheur, et la chouette du donjon a commencé son appel sépulcral. Et encore, dans une aile de la vaste demeure, où le puissant palatin, seul, presse de sa paupière ridée son œil d'aigle au dur regard, comme dans une peau rugueuse on enchâsse le diamant qui prête son éclat à la vanité6, encore on entend un bruit de pas, ou les profonds soupirs que les voûtes répètent quand le bruit cesse. Là celui qu'on n'appelle pas n'ose entrer. Là, une pensée secrète s'est ranimée, ardente, dans la solitude; là, peut-être, il se débat sous son désespoir; et, dans un redoublement d'angoisses, il frappe la terre d'un pas agité, à travers l'ombre de la nuit, comme si, dans le souffle ténébreux, il voulait trouver la main fatale et ensanglantée d'un ami, ou éteindre le feu qui le torture. Et comme le sommeil troublé fuit son œil ardent, comme il étouffe dans la salle aux murs élevés, il ouvre une étroite fenêtre, et contemple un instant les nombreux escadrons, les étendards déployés, qui se sont réunis pour l'expédition ordonnée; il écoute la trompette sonnant le réveil, et les voix des guerriers: les chevaux rapides ronflent, les armures agitées résonnent, les ailes des hussards7 sifflent et veulent voler au combat. Pour eux le soleil, se dressant sur un lit de roses, vient réjouir l'horizon illuminé par sa chevelure d'or; levant sa tête éblouissante, d'un premier regard il contemple avec surprise sa beauté dans l'acier qui étincelle; pour eux le zéphyr odorant, dont la fraîche haleine fait onduler la chevelure des vierges et les panaches des soldats; pour eux, le babil des petits oiseaux, vive et douce chanson, qui fait sortir un langage de leurs petits becs humides de rosée; pour eux, et non pour lui! Il ne veut plus regarder ce spectacle: avec l'ombre qui se retire, son visage s'enfonce dans le château, comme ces effrayants fantômes que notre terreur voit dans une nuit sans sommeil, et que le matin disperse.

Страница 2 из 22

Вам также может понравиться

Страница 1 из 4

Назад124Далее