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О книге

Дата написания1970-01-01
Язык книгиfr
Язык оригиналаpl
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Страница 4 из 4

Après cet entretien, ils se séparèrent; très-satisfaits en apparence, ils dissimulaient tous deux leur fureur. Poray blessé au vif de l'ingratitude de son maître et comme frappé de la foudre, pressentit qu'un malheur était suspendu sur sa tête. C'est pourquoi il se résolut à une vengeance que déjà il couvait au fond de son cœur. Le prince pensait de son côté qu'évidemment, par cette relation coupable avec la princesse, jointe à ses succès militaires, il voulait s'emparer de sa propre capitale. Il réfléchit donc aux moyens de lui enlever la vie, n'osant le faire à l'instant même, de peur qu'il ne s'en suivît un mouvement parmi le peuple qui, dans la ville, acclamait Poray comme son sauveur; de plus, jusqu'à l'entier écrasement de l'ennemi, le bras de Poray lui était encore nécessaire.

Cela se passait dans la nuit d'avant la fête de Perun: le lendemain devait avoir lieu le supplice de la princesse Zywila.

Pendant ce temps, Iwan, défait et étroitement resserré, s'attendait à voir arriver le moment fatal; privé de tout espoir, il se tourmentait sans savoir qu'entreprendre. Tout à coup les gardes du camp arrivent lui dire qu'un guerrier couvert d'une noire armure est arrivé au camp et réclame une audience du prince. Ordre fut donné de l'introduire. Il s'avança et dit: « Kniaz Iwan, je suis Poray qui deux fois ai défait tes soldats et par qui tu es cerné de toutes parts. Je viens remettre dans tes mains la ville et son prince avec toutes ses richesses et son armée. Il faut seulement que tu t'engages par un serment solennel à ne pas anéantir la population par le fer et le feu, et à me donner pour femme en toute sécurité certaine princesse détenue dans la ville.

Déjà allait poindre l'aurore du jour de la fête de Perun, et ce jour-là devait avoir lieu le supplice de la princesse Zywila.

Soudain un fracas et un tumulte inattendus s'élèvent dans la ville; les citoyens les plus énergiques périssent en s'opposant à cette violente irruption; dominés par la crainte, les autres font leur soumission à l'ennemi.

Poray brise les portes de la prison et trouve, c'est honteux à dire, sa bien-aimée, pâle, à moitié morte, abandonnée sur une couche grossière dans un obscur cachot. A la vue de Poray, elle perdit connaissance.

On la transporta dans la rue pour la faire revenir à elle et rappeler ses esprits. On s'empressait autour d'elle, sans qu'elle sortit de son évanouissement; à ce spectacle, le peuple accourut; il y eut des plaintes et de grands cris: elle demeurait privée de sentiment. A la fin elle ouvrit des yeux reconnaissants et fut étonnée de voir le peuple en foule et des ennemis en armes. Poray s'approchant lui dit: « Bannis toute crainte, ma très-chère, ce sont les guerriers d'iwan, les vengeurs de nos offenses, dont la protection ne nous quittera plus. » A ces mots, Zywila fut près de s'évanouir de nouveau; soudain elle tira du fourreau le glaive de Poray et en dirigea la pointe contre sa poitrine avec tant de force qu'elle le transperça d'outre en outre. « Traître, s'écria-t-elle, la patrie était donc si peu de chose à tes yeux que tu l'as vendue pour un peu de cette beauté; homme sans honneur, c'est ainsi que tu m'as payée de mon constant amour! Et vous, citoyens, qui restez immobiles, comme si cela ne s'adressait point à vous, ne tournerez-vous pas contre ces brigands votre colère et vos vengeances? » En achevant ces mots, elle se jeta avec son glaive sur l'ennemi le plus proche: à cette vue, le peuple remué comme si on l'eût aspergé de flammes, et prenant ce qui lui tombait sous la main, courut avec des armes et des glaives sur les Ruthéniens qui ne s'attendaient à rien de semblable. On en extermina un grand nombre dans les maisons et dans les rues; on prit Iwan et l'on emprisonna le reste. Zywila accourut sur la terrasse où se tenait Koryat qu'on venait de délivrer: « Mon père! » s'écria-t-elle, et elle tomba sans vie.

On l'enterra au pied de la montagne de Mendog; à cet endroit on éleva un tumulus et l'on planta des arbres en souvenir. Les vieillards, en rendant grâce à Dieu tout puissant de ne pas les avoir livrés à la honte et aux moqueries de l'ennemi, répètent à leurs enfants le nom de Zywila.

FIN

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