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О книге

Дата написания1970-01-01
Язык книгиfr
Возрастное ограничение12+

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Страница 1 из 151

Annotation

Julien Sorel, simple fils de charpentier, hanté par le mythe napoléonien espère satisfaire sa soif d'ambition par une carrière ecclésiastique. Mais c'est dans l'amour qu'il va trouver la voie de sa réussite sociale. Mais sa raison l'emporte sur ces calculs et se dévoile alors le sens de la vie. Ce roman reste une oeuvre phare du romantisme français et un exemple de la recherche du bonheur.

Stendhal

Livre premier

Chapitre premier. Une petite ville

Chapitre II. Un maire

Chapitre III. Le Bien des pauvres

Chapitre IV. Un père et un fils

Chapitre V. Une négociation

Chapitre VI. L’Ennui

Chapitre VII. Les Affinités électives

Chapitre VIII. Petits événements

Chapitre IX. Une soirée à la campagne

Chapitre X. Un grand cœur et une petite fortune

Chapitre XI. Une soirée

Chapitre XII. Un voyage

Chapitre XIII. Les Bas à jour

Chapitre XIV. Les Ciseaux anglais

Chapitre XV. Le Chant du coq

Chapitre XVI. Le Lendemain

Chapitre XVII. Le Premier Adjoint

Chapitre XVIII. Un roi à Verrières

Chapitre XIX. Penser fait souffrir

Chapitre XX. Les Lettres anonymes

Chapitre XXI. Dialogue avec un maître

Chapitre XXII. Façons d’agir en 1830

Chapitre XXIII. Chagrins d’un fonctionnaire

Chapitre XXIV. Une capitale

Chapitre XXV. Le Séminaire

Chapitre XXVI. Le Monde ou ce qui manque au riche

Chapitre XXVII. Première Expérience de la vie

Chapitre XXVIII. Une procession

Chapitre XXIX. Le Premier Avancement

Chapitre XXX. Un ambitieux

Livre second

Chapitre premier Les Plaisirs de la campagne

Chapitre II. Entrée dans le monde

Chapitre III. Les Premiers pas

Chapitre IV. L’Hôtel de La Mole

Chapitre V. La Sensibilité et une grande Dame dévote

Chapitre VI Manière de prononcer

Chapitre VII. Une attaque de goutte

Chapitre VIII. Quelle est la décoration qui distingue?

Chapitre IX. Le Bal

Chapitre X. La Reine Marguerite

Chapitre XI. L’Empire d’une jeune fille!

Chapitre XII. Serait-ce un Danton?

Chapitre XIII. Un complot

Chapitre XIV. Pensées d’une jeune fille

Chapitre XV. Est-ce un complot?

Chapitre XVI. Une heure du matin

Chapitre XVII. Une vieille épée

Chapitre XVIII. Moments cruels

Chapitre XIX. L’Opéra Bouffe

Chapitre XX. Le Vase du Japon

Chapitre XXI. La Note secrète

Chapitre XXII. La Discussion

Chapitre XXIII. Le Clergé, les Bois, la Liberté

Chapitre XXIV. Strasbourg

Chapitre XXV. Le Ministère de la vertu

Chapitre XXVI. L’Amour moral

Chapitre XXVII. Les plus belles Places de l’Église

Chapitre XXVIII. Manon Lescaut

Chapitre XXIX. L’Ennui

Chapitre XXX. Une loge aux Bouffes

Chapitre XXXI. Lui faire peur

Chapitre XXXII. Le Tigre

Chapitre XXXIII. L’Enfer de la faiblesse

Chapitre XXXIV. Un homme d’esprit

Chapitre XXXV. Un orage

Chapitre XXXVI. Détails tristes

Chapitre XXXVII. Un donjon

Chapitre XXXVIII. Un homme puissant

Chapitre XXXIX. L’Intrigue

Chapitre XL. La Tranquillité

Chapitre XLI. Le Jugement

Chapitre XLII

Chapitre XLIII

Chapitre XLIV

Chapitre XLV

Stendhal LE ROUGE ET LE NOIR

Chronique du XIXe siècle

Livre premier

La vérité, l’âpre vérité.

DANTON.

Chapitre premier. Une petite ville

Put thousands together

Less bad,

But the cage less gay.

HOBBES.

La petite ville de Verrières peut passer pour l’une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges s’étendent sur la pente d’une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées.

Verrières est abrité du côté du nord par une haute montagne, c’est une des branches du Jura. Les cimes brisées du Verra se couvrent de neige dès les premiers froids d’octobre. Un torrent, qui se précipite de la montagne, traverse Verrières avant de se jeter dans le Doubs, et donne le mouvement à un grand nombre de scies à bois, c’est une industrie fort simple et qui procure un certain bien-être à la majeure partie des habitants plus paysans que bourgeois. Ce ne sont pas cependant les scies à bois qui ont enrichi cette petite ville. C’est à la fabrique des toiles peintes, dites de Mulhouse, que l’on doit l’aisance générale qui, depuis la chute de Napoléon, a fait rebâtir les façades de presque toutes les maisons de Verrières.

À peine entre-t-on dans la ville que l’on est étourdi par le fracas d’une machine bruyante et terrible en apparence. Vingt marteaux pesants, et retombant avec un bruit qui fait trembler le pavé, sont élevés par une roue que l’eau du torrent fait mouvoir. Chacun de ces marteaux fabrique, chaque jour, je ne sais combien de milliers de clous. Ce sont de jeunes filles fraîches et jolies qui présentent aux coups de ces marteaux énormes les petits morceaux de fer qui sont rapidement transformés en clous. Ce travail, si rude en apparence, est un de ceux qui étonnent le plus le voyageur qui pénètre pour la première fois dans les montagnes qui séparent la France de l’Helvétie. Si, en entrant à Verrières, le voyageur demande à qui appartient cette belle fabrique de clous qui assourdit les gens qui montent la grande rue, on lui répond avec un accent traînard: Eh! elle est à M. le maire.

Pour peu que le voyageur s’arrête quelques instants dans cette grande rue de Verrières, qui va en montant depuis la rive du Doubs jusque vers le sommet de la colline, il y cent à parier contre un qu’il verra paraître un grand homme à l’air affairé et important.

À son aspect tous les chapeaux se lèvent rapidement. Ses cheveux sont grisonnants, et il est vêtu de gris. Il est chevalier de plusieurs ordres, il a un grand front, un nez aquilin, et au total sa figure ne manque pas d’une certaine régularité: on trouve même, au premier aspect, qu’elle réunit à la dignité du maire de village cette sorte d’agrément qui peut encore se rencontrer avec quarante-huit ou cinquante ans. Mais bientôt le voyageur parisien est choqué d’un certain air de contentement de soi et de suffisance mêlé à je ne sais quoi de borné et de peu inventif. On sent enfin que le talent de cet homme-là se borne à se faire payer bien exactement ce qu’on lui doit, et à payer lui-même le plus tard possible quand il doit.

Tel est le maire de Verrières, M. de Rênal. Après avoir traversé la rue d’un pas grave, il entre à la mairie et disparaît aux yeux du voyageur. Mais, cent pas plus haut, si celui-ci continue sa promenade, il aperçoit une maison d’assez belle apparence, et, à travers une grille de fer attenante à la maison, des jardins magnifiques. Au delà c’est une ligne d’horizon formée par les collines de la Bourgogne, et qui semble faite à souhait pour le plaisir des yeux. Cette vue fait oublier au voyageur l’atmosphère empestée des petits intérêts d’argent dont il commence à être asphyxié.

On lui apprend que cette maison appartient à M. de Rênal. C’est aux bénéfices qu’il a faits sur sa grande fabrique de clous que le maire de Verrières doit cette belle habitation en pierres de taille qu’il achève en ce moment. Sa famille, dit-on, est espagnole, antique, et, à ce qu’on prétend, établie dans le pays bien avant la conquête de Louis XIV.

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