Удобнее читать в приложении
AI-разбор доступен после входа
Суть книги, пересказ, главный конфликт, ключевые идеи, вывод, кому полезна, главные темы, персонажи и цитаты можно получить после входа в BookRa.
auto_awesomeПолучить AI-разборО книге
Дата написания1970-01-01
Язык книгиfr
Возрастное ограничение12+
Читать онлайн
Страница 2 из 72Naturellement destiné à l’exploitation de la pension bourgeoise, le rez-de-chaussée se compose d’une première pièce éclairée par les deux croisées de la rue, et où l’on entre par une porte-fenêtre. Ce salon communique à une salle à manger qui est séparée de la cuisine par la cage d’un escalier dont les marches sont en bois et en carreaux mis en couleur et frottés. Rien n’est plus triste à voir que ce salon meublé de fauteuils et de chaises en étoffe de crin à raies alternativement mates et luisantes. Au milieu se trouve une table ronde à dessus de marbre Sainte-Anne, décorée de ce cabaret en porcelaine blanche ornée de filets d’or effacés à demi, que l’on rencontre partout aujourd’hui. Cette pièce, assez mal planchéiée, est lambrissée à hauteur d’appui. Le surplus des parois est tendu d’un papier verni représentant les principales scènes de Télémaque, et dont les classiques personnages sont coloriés. Le panneau d’entre les croisées grillagées offre aux pensionnaires le tableau du festin donné au fils d’Ulysse par Calypso. Depuis quarante ans cette peinture excite les plaisanteries des jeunes pensionnaires, qui se croient supérieurs à leur position en se moquant du dîner auquel la misère les condamne. La cheminée en pierre, dont le foyer toujours propre atteste qu’il ne s’y fait de feu que dans les grandes occasions, est ornée de deux vases pleins de fleurs artificielles, vieillies et encagées, qui accompagnent une pendule en marbre bleuâtre du plus mauvais goût. Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu’il faudrait appeler l’odeur de pension. Elle sent le renfermé, le moisi, le rance ; elle donne froid, elle est humide au nez, elle pénètre les vêtements ; elle a le goût d’une salle où l’on a dîné ; elle pue le service, l’office, l’hospice. Peut-être pourrait-elle se décrire si l’on inventait un procédé pour évaluer les quantités élémentaires et nauséabondes qu’y jettent les atmosphères catarrhales et sui generis de chaque pensionnaire, jeune ou vieux. Eh ! bien, malgré ces plates horreurs, si vous le compariez à la salle à manger, qui lui est contiguë, vous trouveriez ce salon élégant et parfumé comme doit l’être un boudoir. Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd’hui, qui forme un fond sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elle est plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des piles d’assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai. Dans un angle est placée une boîte à cases numérotées qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou vineuses, de chaque pensionnaire. Il s’y rencontre de ces meubles indestructibles, proscrits partout, mais placés là comme le sont les débris de la civilisation aux Incurables. Vous y verriez un baromètre à capucin qui sort quand il pleut, des gravures exécrables qui ôtent l’appétit, toutes encadrées en bois noir verni à filets dorés ; un cartel en écaille incrustée de cuivre ; un poêle vert, des quinquets d’Argand où la poussière se combine avec l’huile, une longue table couverte en toile cirée assez grasse pour qu’un facétieux externe y écrive son nom en se servant de son doigt comme de style, des chaises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie qui se déroule toujours sans se perdre jamais, puis des chaufferettes misérables à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se carbonise. Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot, borgne, invalide, expirant, il faudrait en faire une description qui retarderait trop l’intérêt de cette histoire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas. Le carreau rouge est plein de vallées produites par le frottement ou par les mises en couleur. Enfin, là règne la misère sans poésie ; une misère économe, concentrée, râpée. Si elle n’a pas de fange encore, elle a des taches ; si elle n’a ni trous ni haillons, elle va tomber en pourriture.
Cette pièce est dans tout son lustre au moment où, vers sept heures du matin, le chat de madame Vauquer précède sa maîtresse ; saute sur les buffets, y flaire le lait que contiennent plusieurs jattes couvertes d’assiettes, et fait entendre son rourou matinal. Bientôt la veuve se montre, attifée de son bonnet de tulle sous lequel pend un tour de faux cheveux mal mis, elle marche en traînassant ses pantoufles grimacées. Sa face vieillotte, grassouillette, du milieu de laquelle sort un nez à bec de perroquet ; ses petites mains potelées, sa personne dodue comme un rat d’église, son corsage trop plein et qui flotte, sont en harmonie avec cette salle où suinte le malheur, où s’est blottie la spéculation, et dont madame Vauquer respire l’air chaudement fétide sans en être écœurée. Sa figure fraîche comme une première gelée d’automne, ses yeux ridés, dont l’expression passe du sourire prescrit aux danseuses à l’amer renfrognement de l’escompteur, enfin toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. Le bagne ne va pas sans l’argousin, vous n’imagineriez pas l’un sans l’autre. L’embonpoint blafard de cette petite femme est le produit de cette vie, comme le typhus est la conséquence des exhalaisons d’un hôpital. Son jupon de laine tricotée, qui dépasse sa première jupe faite avec une vieille robe, et dont la ouate s’échappe par les fentes de l’étoffe lézardée, résume le salon, la salle à manger, le jardinet, annonce la cuisine et fait pressentir les pensionnaires. Quand elle est là, ce spectacle est complet. Agée d’environ cinquante ans, madame Vauquer ressemble à toutes les femmes qui ont eu des malheurs. Elle a l’œil vitreux, l’air innocent d’une entremetteuse qui va se gendarmer pour se faire payer plus cher, mais d’ailleurs prête à tout pour adoucir son sort, à livrer Georges ou Pichegru, si Georges ou Pichegru étaient encore à livrer. Néanmoins, elle est bonne femme au fond, disent les pensionnaires, qui la croient sans fortune en l’entendant geindre et tousser comme eux. Qu’avait été monsieur Vauquer ? Elle ne s’expliquait jamais sur le défunt. Comment avait-il perdu sa fortune ? Dans les malheurs, répondait-elle. Il s’était mal conduit envers elle, ne lui avait laissé que les yeux pour pleurer, cette maison pour vivre, et le droit de ne compatir à aucune infortune, parce que, disait-elle, elle avait souffert tout ce qu’il est possible de souffrir. En entendant trottiner sa maîtresse, la grosse Sylvie, la cuisinière, s’empressait de servir le déjeuner des pensionnaires internes.
Вам также может понравиться
{"page":{"canonicalUrl":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB","pageTitle":"Le père Goriot (Оноре де Бальзак) — полный текст, краткое содержание, анализ и герои","metaDescription":"Полный текст книги «Le père Goriot». А также краткое содержание, главные мысли, конфликт, темы, персонажи, цитаты и ответы на вопросы.","headingTitle":"«Le père Goriot». Читать бесплатно онлайн","headingSubtitle":"Оноре де Бальзак","structuredData":[{"@context":"https://schema.org","@type":"BreadcrumbList","@id":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"BookRa","item":"https://bookra.app/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"зарубежная классика","item":"https://bookra.app/genre/5214"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Le père Goriot","item":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB"}]},{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB","url":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB","name":"«Le père Goriot». Читать бесплатно онлайн","description":"Полный текст книги «Le père Goriot». А также краткое содержание, главные мысли, конфликт, темы, персонажи, цитаты и ответы на вопросы.","breadcrumb":{"@id":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB#breadcrumb"},"mainEntity":{"@id":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB#work"},"primaryImageOfPage":{"@type":"ImageObject","url":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/bce0854d-661a-11e6-9614-0cc47a545a1e/thumbs/1200.webp"}},{"@context":"https://schema.org","@type":"Book","@id":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB#work","name":"Le père Goriot","url":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB","description":"Полный текст книги «Le père Goriot». А также краткое содержание, главные мысли, конфликт, темы, персонажи, цитаты и ответы на вопросы.","image":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/bce0854d-661a-11e6-9614-0cc47a545a1e/thumbs/1200.webp","inLanguage":"fr","genre":["зарубежная классика","зарубежная старинная литература"],"author":[{"@type":"Person","@id":"https://bookra.app/author/124b68df-c63a-11eb-9deb-441ea152441c#person","name":"Оноре де Бальзак","url":"https://bookra.app/author/124b68df-c63a-11eb-9deb-441ea152441c","sameAs":["https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%91%D0%B0%D0%BB%D1%8C%D0%B7%D0%B0%D0%BA%2C_%D0%9E%D0%BD%D0%BE%D1%80%D0%B5_%D0%B4%D0%B5","https://www.wikidata.org/wiki/Q9711"]}],"about":[{"@type":"Thing","name":"зарубежная классика"},{"@type":"Thing","name":"зарубежная старинная литература"},{"@type":"Thing","name":"чтение онлайн"},{"@type":"Thing","name":"саммари"},{"@type":"Thing","name":"AI-разбор"},{"@type":"Thing","name":"персонажи"},{"@type":"Thing","name":"цитаты"}],"workExample":{"@type":"Book","@id":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB#edition","url":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB","bookFormat":"https://schema.org/EBook","inLanguage":"fr","isAccessibleForFree":true,"potentialAction":{"@type":"ReadAction","name":"Читать бесплатно онлайн «Le père Goriot»","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https://bookra.app/books/4YBEpyaB","actionPlatform":["https://schema.org/DesktopWebPlatform"]},"expectsAcceptanceOf":{"@type":"Offer","category":"nologinrequired"}}}}],"book":{"idCatalog":794753,"shortId":"4YBEpyaB","title":"Le père Goriot","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/bce0854d-661a-11e6-9614-0cc47a545a1e/thumbs/1200.webp","annotationText":"","catalogType":"PUBLIC_DOMAIN","catalogTypeLabel":"Общественное достояние","authorLine":"Оноре де Бальзак","authors":[{"id":"124b68df-c63a-11eb-9deb-441ea152441c","displayName":"Оноре де Бальзак","protectedUrl":"/author/124b68df-c63a-11eb-9deb-441ea152441c","wikipediaUrl":"https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%91%D0%B0%D0%BB%D1%8C%D0%B7%D0%B0%D0%BA%2C_%D0%9E%D0%BD%D0%BE%D1%80%D0%B5_%D0%B4%D0%B5","wikidataUrl":"https://www.wikidata.org/wiki/Q9711"}],"genres":[{"id":5214,"title":"зарубежная классика","token":null,"publicUrl":"https://bookra.app/genre/5214"},{"id":5215,"title":"зарубежная старинная литература","token":null,"publicUrl":"https://bookra.app/genre/5215"}],"keywords":[],"facts":[{"key":"dateWritten","label":"Дата написания","value":"1970-01-01"},{"key":"bookLanguage","label":"Язык книги","value":"fr"},{"key":"adult","label":"Возрастное ограничение","value":"12+"}],"seoSections":[],"authorSummary":null,"hasArtifacts":false,"canReadInApp":true,"readUrl":"https://web.bookra.app/?startapp=r_794753","artifactsUrl":"https://web.bookra.app/?startapp=b_794753","readCtaLabel":"Читать бесплатно","artifactsCtaLabel":"AI-разбор","appReadLinks":{"tg":"https://t.me/bookra_lib_bot/BookRa?startapp=r_794753","vk":"https://vk.com/app54470698#startapp=r_794753","max":"https://max.ru/id7751370047_bot?startapp=r_794753","web":"https://web.bookra.app/?startapp=r_794753"},"appAnalysisLinks":{"tg":"https://t.me/bookra_lib_bot/BookRa?startapp=b_794753","vk":"https://vk.com/app54470698#startapp=b_794753","max":"https://max.ru/id7751370047_bot?startapp=b_794753","web":"https://web.bookra.app/?startapp=b_794753"},"guestReaderUrl":"/books/4YBEpyaB?page=2#reader-content","authorCtaLabel":"Все книги автора","authorProtectedUrl":"/author/124b68df-c63a-11eb-9deb-441ea152441c","readersCount":0,"adultLabel":"12+","yearLabel":null,"datePublished":null,"publisherLabel":null,"isbn":null,"oclc":null,"lccn":null,"partnerUrl":null,"accessNote":"Полный текст книги и AI-разбор откроются на защищенных страницах BookRa после входа."},"reader":{"page":2,"totalPages":72,"hasPrev":true,"hasNext":true,"prevPageUrl":"/books/4YBEpyaB#reader-content","nextPageUrl":"/books/4YBEpyaB?page=3#reader-content","progressLabel":"Страница 2 из 72","sections":[{"id":"id33:11","kind":"paragraph","text":"Naturellement destiné à l’exploitation de la pension bourgeoise, le rez-de-chaussée se compose d’une première pièce éclairée par les deux croisées de la rue, et où l’on entre par une porte-fenêtre. Ce salon communique à une salle à manger qui est séparée de la cuisine par la cage d’un escalier dont les marches sont en bois et en carreaux mis en couleur et frottés. Rien n’est plus triste à voir que ce salon meublé de fauteuils et de chaises en étoffe de crin à raies alternativement mates et luisantes. Au milieu se trouve une table ronde à dessus de marbre Sainte-Anne, décorée de ce cabaret en porcelaine blanche ornée de filets d’or effacés à demi, que l’on rencontre partout aujourd’hui. Cette pièce, assez mal planchéiée, est lambrissée à hauteur d’appui. Le surplus des parois est tendu d’un papier verni représentant les principales scènes de Télémaque, et dont les classiques personnages sont coloriés. Le panneau d’entre les croisées grillagées offre aux pensionnaires le tableau du festin donné au fils d’Ulysse par Calypso. Depuis quarante ans cette peinture excite les plaisanteries des jeunes pensionnaires, qui se croient supérieurs à leur position en se moquant du dîner auquel la misère les condamne. La cheminée en pierre, dont le foyer toujours propre atteste qu’il ne s’y fait de feu que dans les grandes occasions, est ornée de deux vases pleins de fleurs artificielles, vieillies et encagées, qui accompagnent une pendule en marbre bleuâtre du plus mauvais goût. Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu’il faudrait appeler l’odeur de pension. Elle sent le renfermé, le moisi, le rance ; elle donne froid, elle est humide au nez, elle pénètre les vêtements ; elle a le goût d’une salle où l’on a dîné ; elle pue le service, l’office, l’hospice. Peut-être pourrait-elle se décrire si l’on inventait un procédé pour évaluer les quantités élémentaires et nauséabondes qu’y jettent les atmosphères catarrhales et sui generis de chaque pensionnaire, jeune ou vieux. Eh ! bien, malgré ces plates horreurs, si vous le compariez à la salle à manger, qui lui est contiguë, vous trouveriez ce salon élégant et parfumé comme doit l’être un boudoir. Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd’hui, qui forme un fond sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elle est plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des piles d’assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai. Dans un angle est placée une boîte à cases numérotées qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou vineuses, de chaque pensionnaire. Il s’y rencontre de ces meubles indestructibles, proscrits partout, mais placés là comme le sont les débris de la civilisation aux Incurables. Vous y verriez un baromètre à capucin qui sort quand il pleut, des gravures exécrables qui ôtent l’appétit, toutes encadrées en bois noir verni à filets dorés ; un cartel en écaille incrustée de cuivre ; un poêle vert, des quinquets d’Argand où la poussière se combine avec l’huile, une longue table couverte en toile cirée assez grasse pour qu’un facétieux externe y écrive son nom en se servant de son doigt comme de style, des chaises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie qui se déroule toujours sans se perdre jamais, puis des chaufferettes misérables à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se carbonise. Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot, borgne, invalide, expirant, il faudrait en faire une description qui retarderait trop l’intérêt de cette histoire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas. Le carreau rouge est plein de vallées produites par le frottement ou par les mises en couleur. Enfin, là règne la misère sans poésie ; une misère économe, concentrée, râpée. Si elle n’a pas de fange encore, elle a des taches ; si elle n’a ni trous ni haillons, elle va tomber en pourriture."},{"id":"id33:12","kind":"paragraph","text":"Cette pièce est dans tout son lustre au moment où, vers sept heures du matin, le chat de madame Vauquer précède sa maîtresse ; saute sur les buffets, y flaire le lait que contiennent plusieurs jattes couvertes d’assiettes, et fait entendre son rourou matinal. Bientôt la veuve se montre, attifée de son bonnet de tulle sous lequel pend un tour de faux cheveux mal mis, elle marche en traînassant ses pantoufles grimacées. Sa face vieillotte, grassouillette, du milieu de laquelle sort un nez à bec de perroquet ; ses petites mains potelées, sa personne dodue comme un rat d’église, son corsage trop plein et qui flotte, sont en harmonie avec cette salle où suinte le malheur, où s’est blottie la spéculation, et dont madame Vauquer respire l’air chaudement fétide sans en être écœurée. Sa figure fraîche comme une première gelée d’automne, ses yeux ridés, dont l’expression passe du sourire prescrit aux danseuses à l’amer renfrognement de l’escompteur, enfin toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. Le bagne ne va pas sans l’argousin, vous n’imagineriez pas l’un sans l’autre. L’embonpoint blafard de cette petite femme est le produit de cette vie, comme le typhus est la conséquence des exhalaisons d’un hôpital. Son jupon de laine tricotée, qui dépasse sa première jupe faite avec une vieille robe, et dont la ouate s’échappe par les fentes de l’étoffe lézardée, résume le salon, la salle à manger, le jardinet, annonce la cuisine et fait pressentir les pensionnaires. Quand elle est là, ce spectacle est complet. Agée d’environ cinquante ans, madame Vauquer ressemble à toutes les femmes qui ont eu des malheurs. Elle a l’œil vitreux, l’air innocent d’une entremetteuse qui va se gendarmer pour se faire payer plus cher, mais d’ailleurs prête à tout pour adoucir son sort, à livrer Georges ou Pichegru, si Georges ou Pichegru étaient encore à livrer. Néanmoins, elle est bonne femme au fond, disent les pensionnaires, qui la croient sans fortune en l’entendant geindre et tousser comme eux. Qu’avait été monsieur Vauquer ? Elle ne s’expliquait jamais sur le défunt. Comment avait-il perdu sa fortune ? Dans les malheurs, répondait-elle. Il s’était mal conduit envers elle, ne lui avait laissé que les yeux pour pleurer, cette maison pour vivre, et le droit de ne compatir à aucune infortune, parce que, disait-elle, elle avait souffert tout ce qu’il est possible de souffrir. En entendant trottiner sa maîtresse, la grosse Sylvie, la cuisinière, s’empressait de servir le déjeuner des pensionnaires internes."}],"toc":[]},"similarBooks":[{"idCatalog":787516,"shortId":"038AHbna","title":"Человек-зверь","authorLine":"Эмиль Золя, В. Ранцова","primaryAuthorId":"82d512ee-2a82-102a-9ae1-2dfe723fe7c7","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/46378965-70f6-41f4-9510-013fea11211d/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/038AHbna"},{"idCatalog":7183,"shortId":"4SSnge7p","title":"Фараон","authorLine":"Болеслав Прус, Е. Н. Троповский","primaryAuthorId":"dcbe6513-2a81-102a-9ae1-2dfe723fe7c7","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-litres-public/content/32aeea09-f542-4c48-ba6c-1464e0288595/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/4SSnge7p"},{"idCatalog":521096,"shortId":"39RurXks","title":"Хагакурэ, или Сокрытое в листве","authorLine":"Цунэтомо Ямамото, Сергей И. Логачев","primaryAuthorId":"292e10ef-2a83-102a-9ae1-2dfe723fe7c7","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-litres-public/content/d2c8ca1b-24e9-11ee-8496-0cc47af30fe4/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/39RurXks"},{"idCatalog":790354,"shortId":"08oOsnCu","title":"Сон в летнюю ночь","authorLine":"Уильям Шекспир, Николай Михайлович Сатин","primaryAuthorId":"c577ea96-2a81-102a-9ae1-2dfe723fe7c7","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/9cb6e365-8043-11e7-af8e-0cc47a1952f2/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/08oOsnCu"},{"idCatalog":788220,"shortId":"0Tjejja2","title":"Нана","authorLine":"Эмиль Золя, Т. Иринова","primaryAuthorId":"82d512ee-2a82-102a-9ae1-2dfe723fe7c7","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/5a387752-aafd-4f3d-bb91-627dfd767da4/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/0Tjejja2"},{"idCatalog":577406,"shortId":"0q0GFNSG","title":"Золотой осел","authorLine":"Луций Апулей, Михаил Алексеевич Кузмин","primaryAuthorId":"673278e9-2a98-102a-9ac3-800cba805322","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-litres-public/content/c0602770-11db-11ef-8496-0cc47af30fe4/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/0q0GFNSG"},{"idCatalog":763844,"shortId":"0k1CVPMc","title":"Ромео и Джульетта","authorLine":"Уильям Шекспир, Дмитрий Лаврентьевич Михаловский","primaryAuthorId":"c577ea96-2a81-102a-9ae1-2dfe723fe7c7","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/8c3c1916-803a-11e7-8179-0cc47a520474/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/0k1CVPMc"},{"idCatalog":766049,"shortId":"4TrGYIUx","title":"Гамлет, принц Датский","authorLine":"Уильям Шекспир, Петр Петрович Гнедич","primaryAuthorId":"c577ea96-2a81-102a-9ae1-2dfe723fe7c7","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/e925d796-803b-11e7-af8e-0cc47a1952f2/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/4TrGYIUx"},{"idCatalog":46756,"shortId":"1wKz5vUM","title":"Монахиня","authorLine":"Дени Дидро, Дебора Григорьевна Лившиц","primaryAuthorId":"b1401df8-2a93-102a-9ac3-800cba805322","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-litres-public/content/37ba23fd-6a81-102c-a19b-edc40df1930e/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/1wKz5vUM"},{"idCatalog":788440,"shortId":"0L94UZhC","title":"Доктор Паскаль","authorLine":"Эмиль Золя, Константин Григорьевич Локс","primaryAuthorId":"82d512ee-2a82-102a-9ae1-2dfe723fe7c7","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/61f13980-8201-4459-bcd1-e04d976a5570/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/0L94UZhC"},{"idCatalog":11697,"shortId":"2MoUDOAh","title":"Сон в красном тереме. Том 1","authorLine":"Лев Николаевич Меньшиков, Владимир Андреевич Панасюк, Цао Сюэцинь","primaryAuthorId":"4e036549-1455-11e8-a22f-0cc47a5454c6","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-litres-public/content/c9377cb2-c07d-4c18-a638-1db65e2e0cf2/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/2MoUDOAh"},{"idCatalog":792368,"shortId":"4ft6F5H0","title":"Саламбо","authorLine":"Гюстав Флобер, Николай Максимович Минский","primaryAuthorId":"526ac12b-2a82-102a-9ae1-2dfe723fe7c7","coverUrl":"https://storage.yandexcloud.net/bookra-catalog-pd-public/content/d8927887-c0aa-11e0-9959-47117d41cf4b/thumbs/400.webp","publicUrl":"https://bookra.app/books/4ft6F5H0"}],"similarBooksPagination":{"page":1,"pageSize":12,"totalItems":2333,"totalPages":195,"hasPrev":false,"hasNext":true}},"notFound":false}